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mercredi 6 février 2013

Le Tour du Monde de Bougainville.

LE TOUR DU MONDE DE BOUGAINVILLE
(1766-1769)






Monsieur Louis-Antoine de Bougainville (1729-1811)





Après une escale en Amérique du sud, « M. de Bougainville fera route pour la Chine […]. [Il lui est recommandé] de reconnaître s’il le peut quelque île à portée de la côte de Chine qui puisse servir d’entrepôt à la compagnie des Indes pour un commerce avec la Chine. En traversant pour se rendre en Chine, il reconnaîtra dans l’océan Pacifique […] du mieux qu’il lui sera possible les terres […] entre les Indes et la côte occidentale de l’Amérique dont les différentes parties ont été reconnues par les navigateurs et nommées Terre de Diemen, Nouvelle-Hollande, Carpentarie, Terre du Saint-Esprit, Nouvelle-Guinée, etc.
La connaissance de ces îles ou continents  étant à peine ébauchée, il est très intéressant de la perfectionner. D’ailleurs, comme aucune nation européenne n’a ni établissement ni droit sur ces terre, il ne peut être que très avantageux pour la France de les reconnaître d’en prendre possession si elles peuvent offrir des objets utiles à son commerce et à sa navigation. [Il] en examinera les terres, les arbres et les principales productions ; il rapportera des échantillons et des dessins de tout ce qu’il jugera pouvoir mériter attention. Il remarquera […] tous les endroits qui pourraient servir de relâche aux vaisseaux et tout ce qui peut intéresser la navigation. »

DOC Les instructions du roi (document signé par Louis XV et Choiseul, le 26 octobre 1766)

1 – Qui sont les signataires des instructions ? Ecrivez une rapide biographie à leur sujet.
2 – En vous aidant de la carte : l’itinéraire suivi par Bougainville correspond-il aux instructions données? Justifiez votre réponse.
3 – Quels sont les objectifs économiques attendus par Louis XV de l’expédition qu’il ordonne ?
4 – Quels sont les objectifs de conquêtes territoriales attendus par Louis XV de l’expédition qu’il ordonne ?

L’ouvrage est dédié au roi ; il est précédé d’un discours préliminaire où l’auteur rend compte de tous les voyages entrepris autour du globe. M. de Bougainville est le premier Français qui ait tenté cette difficile et périlleuse course. Les jeunes années de M. de Bougainville ont été occupées de l’étude des mathématiques, ce qui suppose une vie sédentaire. On ne conçoit pas trop comment on passe de la tranquillité et du loisir d’une condition méditative et renfermée à l’envie de voyager […]. Une autre contradiction apparente entre le caractère de M. de Bougainville et son entreprise, c’est son goût pour les amusements de la société. Il aime les femmes, les spectacles, les repas délicats ; il vit dans le tourbillon du grand monde auquel il se prête d’aussi bonne grâce qu’aux inconstances de l’élément sur lequel il a été ballotté si longtemps. Il est aimable et gai ; c’est un véritable Français lesté d’un bord par un Traité de calcul intégral et différentiel, de l’autre par un Voyage autour du monde. Il était bien pourvu de connaissances nécessaires pour profiter de sa longue tournée ; il a de la philosophie, de la fermeté, du courage, des vues, de la franchise ; le coup d’œil qui saisit le vrai et abrège le temps des observations ; de la circonspection, de la patience ; le désir de voir, de s’instruire et d’être utile ; des mathématiques, des mécaniques ; des connaissances en histoire naturelle, de la géométrie et de l’astronomie.

On peut rapporter les avantages de ses voyages à trois points principaux : une meilleure connaissance de notre vieux domicile et de ses habitants, plus de sûreté sur les mers qu’il a parcourues la sonde à la main, et plus de correction dans nos cartes.

Denis Diderot, Voyage autour du monde par la frégate La Boudeuse, 1771.

1 – Qu’est-ce qu’une frégate ? Copiez sur internet et collez dans votre réponse une reproduction.
2 – Quelles sont les qualités de M. de Bougainville ayant fait décider Louis XV à le choisir pour diriger l’expédition ?


J’ai plusieurs fois été me promener dans l’intérieur [de l’île]. Je me croyais transporté dans le jardin d’Éden : nous parcourions une plaine de gazon, couverte de beaux arbres fruitiers, et coupée de petites rivières qui entretiennent une fraîcheur délicieuse, sans aucun des inconvénients qu’entraîne l’humidité. Un peuple nombreux y jouit des trésors que la nature verse à pleines mains sur lui. Nous trouvions des troupes d’hommes et de femmes assises à l’ombre des vergers ; tous nous saluaient avec amitié […] ; partout nous voyons régner l’hospitalité, le repos, une joie douce et toutes les apparences du bonheur.

Bougainville, Voyage autour du monde par la frégate du roi La Boudeuse et la flûte L’Etoile, 1771.

1 – Que signifie le mot « flûte » dans le titre ?
2 – Qu’est-ce que l’Eden ?
3 – Relevez dans le texte les éléments qui, pour l’auteur, font de Tahiti un paradis.
4 – Expliquez les raisons de l’intérêt des Européens pour ce récit.


 



Hortensia

1 – Qui est Philibert Commerson ?
2 – Observez les dessins botaniques. Pourquoi sont-ils si précis ?


A l’aide de l’ensemble des documents, dressez un bilan de l’expédition de Bougainville.
Pourquoi est-elle souvent considérée comme la première expédition scientifique française ?



jeudi 20 septembre 2012

Humanisme et Renaissance (Séance 3)

Le mouvement humaniste


Questions :

1.   Qui l’auteur appelle-t-il l’Architecte suprême ?
2.   D’après le texte suivant, quelle place la religion occupe-t-elle dans les préoccupations des hommes de la Renaissance ?
3.  Quelle est la phrase qui, selon Pic de la Mirandole, détermine la place accordée à l’homme ?


La place de l’homme dans la création

L’architecte suprême a choisi l’homme, créature d’une nature indéterminée et, le plaçant au centre du monde, il lui dit : « Nous ne t’avons donné ni place précise, ni fonction particulière, Adam, afin que, selon tes envies et ton discernement, tu puisses prendre et posséder la place, la forme et les fonctions que tu désireras. La nature de toutes les autres choses est limitée et tient dans les lois que nous leur avons prescrites. Toi, que nulle limite ne contraint, conformément à la libre volonté que nous avons placé entre tes mains, tu décideras toi-même des propres limites de ta nature. Nous t’avons mis au centre du monde pour que, de là, tu puisses en observer plus facilement les choses. Nous ne t’avons créé ni céleste, ni terrestre, ni immortel, ni mortel, afin que, par ton libre arbitre, tu puisses choisir ton destin. Par ta propre puissance tu pourras dégénérer en prenant les formes les plus basses de la vie, les formes animales ; par ta propre puissance, tu pourras, grâce au discernement de ton âme, renaître dans les formes les plus hautes, les formes divines. »


Pic de la Mirandole (1463-1494, philosophe italien), De la dignité de l’homme,
« Préface » aux Conclusions philosophiques, cabalistiques et théologiques, 1483. 





Jan van der Straet (1523-1605, peintre et graveur flamand), La Boussole, vers 1600.


Questions :

1.   Que montre Jan van der Straet ?
2.   En quoi les travaux de ce savant humaniste sont-ils utiles au XVIe siècle ?


Portrait idéal de l’humaniste

Je voudrais qu’il fût bien instruit des lettres ou de ces études que nous appelons les « humanités ». Qu’il soit familier avec le latin et le grec à cause de l’abondance et de la variété des choses qui furent si divinement écrites dans ces langues. Qu’il connaisse bien les poètes ainsi que les orateurs et les historiens et qu’il apprenne lui aussi à écrire en vers et en prose, en particulier dans notre propre langue [l’italien]. Je le louerai aussi de savoir plusieurs langues étrangères, particulièrement l’espagnol et le français, parce que l’usage de l’un et de l’autre est très répandu en Italie. Il devrait également savoir nager, sauter, courir et lancer des pierres pour la préparation au combat. Je ne saurai pas satisfait de lui s’il n’est aussi musicien, et il ne suffit qu’il sache lire sa partie sur un livre, il doit encore jouer de divers instruments. Je veux encore mentionner une autre chose que je ne voudrais pas lui voir négliger : c’est la science du dessin et de l’art de peindre.

Baldassare Castiglione (1478-1529, écrivain et diplomate italien), Le Parfait Courtisan, 1528.


Question (à partir des deux textes) :

1.    Les intérêts intellectuels des humanistes sont-ils en accord avec cette place accordée à l’homme ?






Questions :

1.    Quelles oppositions entre les deux Eglises le peintre met-il en valeur ?
2.    Pourquoi peut-on considérer que ce tableau s’inscrit dans le mouvement humaniste ?
 

  • Description du tableau:

http://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&frm=1&source=web&cd=4&ved=0CEkQFjAD&url=http%3A%2F%2Fpedagogie.ac-limoges.fr%2Fhist_geo%2Faccueil%2Fsquelettes%2Fdocuments%2520importes%2Fprogramme%2520seconde%2Fles%2520hommes%2520de%2520la%2520renaissance%2FLes_hommes_de_la_Renaissance.ppt&ei=8eVaUIfCEIWWswaU_YG4BA&usg=AFQjCNFwwSVGrirPWtdwI02aarp6a5QA9A



Paragraphe argumenté :

Pendant la Renaissance, le rapport au monde s’est profondément modifié, accordant une place particulière à l’homme.

Quels ont été les principaux changements ?

 

 

mardi 18 septembre 2012

Humanisme et Renaissance (Séance 1)

La Renaissance, présentation :
sciences et techniques, explorations et arts










lundi 17 septembre 2012

Humanisme et Renaissance (Séance 2)

De l’anatomie et de la représentation du corps humain à la Renaissance.


Pierre Belon, naturaliste et médecin français (Cérans, Sarthe, 1517-Paris 1564).




Eléments biographiques :



« Né près du Mans, dans une famille modeste, Pierre Belon se fait remarquer très vite par d'exceptionnelles qualités intellectuelles et par son goût pour l'observation scientifique.

Il est d'abord l'élève d'un apothicaire connu, puis il suit à l'université de Wittenberg, en Allemagne, les cours du botaniste Valerius Cordius, qu'il accompagne plus tard à travers l'Allemagne et en Bohême.

En 1542, il devient l'apothicaire du cardinal de Tournon.

Grâce à la générosité de ce mécène des arts et des sciences, il entreprend et mène à bien son grand voyage en Orient, de 1546 à 1549.

De retour en France, il se fixe à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, où il écrit la plupart de ses ouvrages. Il effectue encore de nombreux voyages – en Angleterre, en Suisse et en Italie notamment.

Le roi Charles IX lui donne un logement dans le petit château de Madrid, construit par François Ier dans le bois de Boulogne, près de Paris.

C'est dans ce bois que Belon est mystérieusement assassiné un soir d'avril 1564. Il a quarante-sept ans.

Cet homme de la Renaissance, curieux de tout, est l'un des premiers voyageurs naturalistes.
Il enrichit la science de son temps de nombreuses et précieuses observations sur les animaux et les plantes.

En 1546, à une époque où les périples lointains sont longs et très périlleux, Pierre Belon entreprend un grand voyage en Orient dans le seul but de voir de près les substances médicamenteuses dont il a lu la description dans des ouvrages anciens.
Au fil des étapes, ce voyage, qui le conduit notamment en Grèce, à Constantinople, en Asie Mineure, Égypte, Palestine et Syrie, se mue en une véritable expédition scientifique.
Partout, Belon observe, se renseigne, prend des notes. Il ne s'intéresse plus seulement aux plantes, mais aussi aux animaux ; il étudie ceux qu'il ne connaît pas, les dessine et, le cas échéant, les dissèque ou s'arrange pour en rapporter un spécimen naturalisé.

Sa curiosité s'étend à la géographie, aux modes de vie, mœurs et religions des habitants, aux ruines antiques, à l'agriculture, à la pêche et à la chasse, à la médecine, à la cuisine.

À son retour, il consigne le résultat de ses observations dans des ouvrages véritablement révolutionnaires pour l'époque : Histoire naturelle des étranges poissons marins, la Nature et diversité des poissons, Observation de plusieurs singularités et choses mémorables, Histoire de la nature des oiseaux, témoins de ses dons d'observation et de la profondeur de sa réflexion.

Certes, il classe encore les poissons comme Pline l'Ancien, qui vivait au Ier siècle de notre ère, mais il en décrit 175 espèces, alors que le naturaliste latin n'en dénombrait que 74. S'il range le dauphin parmi les poissons – comme d'ailleurs la loutre, le castor, le crocodile, le homard et même le lézard –, il constate que cet animal a des mamelles abdominales, mais au nombre de deux seulement, « à la manière des animaux à quatre pieds qui n'ont qu'un petit à la fois ». Il montre également que l'anatomie du cerveau du dauphin est proche de celle du cerveau humain.

Belon est, par ailleurs, l'un des premiers à entreprendre de classer les oiseaux de façon pertinente.
Sa classification manque de rigueur scientifique, puisqu'elle se réfère tantôt aux mœurs, tantôt à l'anatomie, mais, comme il l'a fait pour les poissons, il apporte sur la gent ailée quantité d'informations très importantes et montre des analogies entre le squelette des oiseaux et celui de l'homme.

Pour étudier leur mode d'alimentation, il ouvre d'innombrables jabots. Tout l'intéresse : la répartition géographique des oiseaux comme leurs migrations saisonnières (il est ainsi le premier à signaler que les cigognes passent l'hiver en Égypte et en Afrique du Nord).

Outre les poissons et les oiseaux, il évoque dans ses ouvrages de nombreux animaux qu'il a rencontrés au cours de ses voyages.
Certains ne sont, à l'époque, connus en Europe que par de vagues descriptions et on les confond souvent avec des animaux fabuleux : ainsi, le rhinocéros, la panthère ou l'éléphant. Belon, lui, a acquis des connaissances plus précises.

À Constantinople, il a vu des lions.
Au Caire, il a admiré une girafe dont il fournit une bonne description.



En Égypte, il a observé aussi certains gros singes, dont des babouins, dressés par des bateleurs.
Les crocodiles du Nil, les caméléons, les gazelles et les chameaux ont retenu son attention.


(Les observations de plusieurs singularitez et choses mémorables trouvées en Grèce, Asie, Judée, Égypte, Arabie et autres pays estranges, rédigées en trois livres, G. Corrozet, Paris, 1553, écrites en 1548.)

Si son apport à la science dans le domaine de la botanique est très enrichissant, Belon s'intéresse aussi aux diverses utilisations des plantes (thérapeutique, alimentaire, technologique), aux procédés de culture et aux rendements.

Son dernier ouvrage, Remontrances sur le défaut du labour et culture des plantes et de la connaissance d'icelles, cite les arbres exotiques qu'il serait utile, selon lui, d'introduire en France, et il invite le collège des médecins de Paris à fonder un établissement pour l'acclimatation des plantes étrangères.

Le premier jardin botanique français n'est créé qu'en 1596, et à Montpellier, plus de trente ans après sa mort. »

(Source : http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Belon/108321)
 





Question :

1.   Que recherche Pierre Belon en réalisant ce dessin ?

 


Léonard de Vinci (1452–1519),
une nouvelle représentation du corps ?







« […] que la Nature a distribué les mesures du corps humain comme ceci.

Quatre doigts font une paume, et quatre paumes font un pied, six paumes font un coude : quatre coudes font la hauteur d’un homme. Et quatre coudes font un double pas, et vingt-quatre paumes font un homme ; et il a utilisé ces mesures dans ses constructions.

Si vous ouvrez les jambes de façon à abaisser votre hauteur d’un quatorzième, et si vous étendez vos bras de façon que le bout de vos doigts soit au niveau du sommet de votre tête, vous devez savoir que le centre de vos membres étendus sera au nombril, et que l’espace entre vos jambes sera un triangle équilatéral.

La longueur des bras étendus d’un homme est égale à sa hauteur.

Depuis la racine des cheveux jusqu’au bas du menton, il y a un dixième de la hauteur d’un homme. Depuis le bas du menton jusqu’au sommet de la tête, un huitième. Depuis le haut de la poitrine jusqu’au sommet de la tête, un sixième ; depuis le haut de la poitrine jusqu’à la racine de cheveux, un septième.

Depuis les tétons jusqu’au sommet de la tête, un quart de la hauteur de l’homme. La plus grande largeur des épaules est contenue dans le quart d’un homme. Depuis le coude jusqu’au bout de la main, un quart. Depuis le coude jusqu’à l'aisselle, un huitième.

La main complète est un dixième de l’homme. Le début des parties génitales est au milieu. Le pied est un septième de l’homme. Depuis la plante du pied jusqu’en dessous du genou, un quart de l’homme. Depuis sous le genou jusqu’au début des parties génitales, un quart de l’homme.

La distance du bas du menton au nez, et des racines des cheveux aux sourcils est la même, ainsi que l’oreille : un tiers du visage. »

— Vitruve, dans son ouvrage De l’architecture.

Marcus Vitruvius Pollio, connu sous le nom de Vitruve, est un architecte romain qui vécut au Ier siècle av. J.-C. (on ne connaît pas avec précision la période à laquelle il vécut, on évalue sa naissance aux alentours de 90 av. J.-C. et celle de sa mort vers 20 av. J.-C.).


Les motivations de Léonard 


J'ai imaginé toutes ces machines parce que j'étais possédé, comme tous les hommes de mon temps, par une volonté de puissance. J'ai voulu dompter le monde.

Mais j'ai voulu aussi passionnément connaître et comprendre la nature humaine, savoir ce qu'il y avait à l'intérieur de nos corps. Pour cela, des nuits entières, j'ai disséqué des cadavres, bravant ainsi l'interdiction du Pape. Rien ne me rebutait. Tout, pour moi, était sujet d'étude. Que de recherches passionnantes sur la lumière, par exemple, pour le peintre que j'étais ! (...)

Ce que j'ai cherché finalement, à travers tous mes travaux, et plus particulièrement à travers ma peinture, ce que j'ai cherché toute ma vie, c'est à comprendre le mystère de la nature humaine.

Léonard de Vinci, Carnets, vers 1510.


Questions :

1. Quels sont, d’après Léonard, les traits de caractères de l’homme cultivé de son temps ?
2.  Quels sont les domaines qu’il étudie ?
3. A quel(s) danger(s) s’expose-t-il ? Appuyez-vous aussi sur les études anatomiques suivantes pour  comprendre les risques encourus dans l'Europe chrétienne du temps de Léonard et de l'Inquisition (l'Eglise pensait que les dissections détérioraient l'âme).
4. Quel est le but de ses recherches dans la science et les arts ?
5.  Admirez-vous un tel esprit ou pas ? Expliquez.

















A visiter : http://www.leonardoda-vinci.org/


Léonard de Vinci commença ce traité en 1490, mais ne l'acheva pas. Il ne fut publié, partiellement, qu'au XVIIe siècle.

Il est nécessaire, pour rendre parfaitement les membres des nus dans les attitudes et les gestes qu’ils peuvent exécuter, que le peintre connaisse l’anatomie des nerfs, os, muscles et tendons, afin de savoir, pour chaque effort ou mouvement, quels tendons ou muscles l’ont causé, et ne faire paraître et grossir que ceux-là, et non tous à la fois, comme font ceux qui, pour paraître grands dessinateurs, composes des nus ligneux, sans grâce, semblables à des sacs de noix plutôt qu’à des formes humaines, ou encore à un faisceaux de raves et non à un nu musclé (…).
Tu prétends qu’il vaut mieux voir pratiquer l’anatomie que regarder mes dessins : tu aurais raison si l’on pouvait voir tous les détails que mes dessins présentent en une seule figure, où, avec tout ton talent, tu ne verras et ne connaîtras que quelques veines.
Pour en acquérir une connaissance juste et complète, j'ai disséqué plus de dix cadavres, en détruisant tous les autres éléments, en enlevant jusqu'aux plus petites particules de la chair qui entourait ces veines, sans autre saignement que celui, tout imperceptible, des veines capillaires. Un seul cadavre ne durait pas assez longtemps ; il fallait procéder avec plusieurs, par degrés, pour arriver à une connaissance complète

Malgré tout ton amour des recherches, tu peux en être éloigné par la nausée - si elle ne t'en éloigne pas, par la peur de passer les heures de la nuit en compagnie de ces cadavres découpés, écorchés et horribles. Et si cela ne t'en éloigne pas, peut-être n'auras-tu pas le don graphique nécessaire pour l'interprétation figurée. Et si tu sais dessiner, peut-être te manquera-t-il la connaissance de la perspective ; et si tu l'as, le sens des exposés mathématiques et la méthode pour calculer les forces et l'énergie musculaire, ou peut-être est-ce la patience qui te manquera, et tu ne seras pas diligent.

Léonard de VINCI, Traité de la peinture, « De l'anatomie ».

Question :

1.   A partir de ses deux textes proposés, dites pourquoi et comment Léonard de Vinci étudie-t-il l’anatomie ?
 



http://pages.infinit.net/cabinet/anatomie.html







http://www.larousse.fr/encyclopedie/image/Laroussefr_-_Article/1004786